L’identité culturelle

L’identité culturelle

Le but de ce texte condensé  est d’aider les jeunes kamites et peut-être aussi certains kamites adultes, à prendre conscience du rôle fondamental du Nom, de la Langue et de la Tradition dans l’existence d’un peuple qui ambitionne d’être un Acteur Autonome et Incontournable de la Société Humaine.

Lorsqu’on demande à une personne de décliner son identité, elle donne son nom et son prénom ; pour avoir plus de précision on lui demande sa date et son lieu de naissance ; d’autres précisions viennent compléter le dossier : les nom et prénom de son père et de sa mère.

A partir de ces informations, la personne interrogée est identifiée ; elle est reliée à une ou plusieurs chaînes humaines.

Si ses nom et prénom ainsi que ceux de ses parents évoquent tous l’Afrique, ou l’Europe, ou l’Asie ou l’Arabie, elle sera totalement perçue comme appartenant à un de ses continents, donc à la vision du monde de cette partie du monde.

Si ses noms et prénom ainsi que ceux de ses parents évoquent deux ou plusieurs continents, elle sera, suivant la position idéologique de son interrogateur, assimilée à la culture de ce dernier, ou renvoyée à la culture la plus éloignée et la plus déconsidérée des cultures en présence.

A travers les nom et prénom de la personne interrogée, se profile donc toute une manière d’appréhender le monde. La personne interrogée s’effacera devant sa communauté dont elle est censée refléter l’image parfaite dans son Sentir, ses Actes, ses Paroles.

Pour une communauté, un peuple, l’identité culturelle est, par conséquent, définie comme l’ensemble des comportements et des attitudes communs à tous ses membres.

A ce titre, l’identité culturelle s’identifie et se confond avec la Civilisation, avec la Tradition, avec la Vision du Monde d’une communauté, d’un peuple.

L’identité culturelle se compose de trois parties essentielles qui constituent les balises qui lui permettent de relier le Passé au Futur et cela à travers le Présent. Ces trois instruments sont : le nom, la langue, les mœurs et coutumes.

Nous ne nous intéresserons ici qu’à  l’identité culturelle africaine.

 

Le nom

 

Fonctions exotériques

  • Instrument d’identification.
  • Il confère l’existence (seul ce qui existe est nommé).
  • Réceptacle des émotions collectives.
  • Siège de la mémoire populaire.
  • Interprète des préoccupations du peuple.
  • Rouage essentiel dans la dynamique des civilisations.
  • Il n’est jamais choisi au hasard.

 

L’éthnonyme (anthroponyme, nom collectif) précise, entre autres : l’origine totémique (N’Diaye, Diatta, Diarra, Sène), professionnelle (Kouyaté, Kanté) ou un aspect significatif de l’histoire ( Keïta, Coulibali, Koffi : samedi) d’un groupe.

Le prénom (nom individuel) remplit généralement un rôle religieux (Asaré, Wusiré (Osiris), Khafaré (Khéfren), éducatif (Koffi, Kamsit, Néferhérou), philosophique (Imhotep, Fakoli).

Parfois, il y a glissement de l’un dans le domaine de l’autre : historique (Kenbougoul, Mussokouta) sont des prénoms ; éducatif, philosophique (Koffi, Koly) sont des anthroponymes.

 

Fonctions ésotériques

  • Constitue l’essence de la personne qui le porte :

Le corps physique (Djet), l’ombre (Shut), le nom (Ren), le cœur (Ib) correspondent à  l’âme (Bâ), l’aura (Akh), la force vitale ( Kâ) et l’esprit divin (Sahu).

Son prononcé produit dans le monde physique, les mêmes effets que dans le monde subtil.

  • Peut changer suivant les différents paliers de l’initiation.
  • Relie les vivants aux Défunts, c’est-à-dire aux Ancêtres.
  • Dynamise le lien qui permet l’échange entre les deux entités.

 

La langue

  • Moyen de communication.
  • Permet d’exprimer la vie donnée par le nom.
  • Reflet de l’âme et de la conscience d’un peuple.
  • Il exprime les sensibilités du peuple en question, provoque les réactions relatives à ses sensibilités et tient en éveil la mémoire du passé.
  • Elle n’est jamais en panne d’inspiration pour nommer une réalité qu’elle a vécue ou qu’elle vit.
  • Les mots qu’elle n’a pas créés désignent donc des expériences qu’elle n’a pas vécues (dictature, prostitution, homosexualité, peine de mort, esclavage).

 

Les mœurs et les coutumes

Elles définissent le cadre de manifestation de la vie conférée par le nom et exprimée par la langue. Elles englobent quatre étapes principales dans la vie d’un peuple.

 

La naissance

  • Ici, prédomine la notion de réincarnation.
  • Qui revient, que revient-il (elle) faire ?
  • C’est toujours un Ancien une Ancienne qui sera de retour : ce retour est préparé par : rites d’avant la naissance (fécondité, grossesse) rites de l’après naissance

(chute du cordon ombilical, apparition des dents, station debout, marche, en passant par les rites de naissance (accueil, dation du nom) qui permettront sa réinsertion harmonieuse dans la société.

 

La puberté

  • Antichambre de la vie adulte.
  • Quatre formations :

– Maîtrise de soi (fustigations, longues marches ).

– Développement des capacités intellectuelles (devinettes, énigmes, proverbes, contes et légendes).

– Sexualité et rapports sociaux (relations avec les membres de la famille et avec les voisins).

– Acquisitions de connaissances ésotériques (la cosmogonie, l’étude du monde invisible, l’écologie sacrée, l’étude de la chaîne des générations).

 

Le mariage

  • S’inscrit dans la logique du fonctionnement de la société : recherche constante de l’équilibre entre les groupes, entre les vivants et les Morts.
  • Recherche de la complémentarité.
  • Mise en relief de l’androgynie de la Mère-Père Primordial, c’est-à-dire de Dieu
  • Implication des parents.

 

La mort

  • Elle est un recul nécessaire à la force vitale après un séjour terrestre plus ou moins prolongé.
  • Certitude dans le prolongement de la vie après la mort et confiance absolue dans le retour sur terre pour une nouvelle expérience ; voilà l’explication des grandes bouffes et des libations qui accompagnent certaines cérémonies d’enterrement.

 

Processus par lesquels l’identité culturelle est totalement ou partiellement perdue

  • Substitution intégrale ou partielle de noms étrangers aux propres siens.
  • Substitution totale ou partielle de langues étrangères à ses langues maternelles et paternelles.
  • Substitution complète ou partielle de traditions étrangères à sa Vision du Monde ancestrale.

 

Conséquences de la perte de l’identité culturelle.

  • Modifications intégrale ou partielle de la vision du monde.
  • Substitution d’Ancêtres étrangers à ses propres Ancêtres.
  • Aliénation mentale irréversible.
  • Appropriation du parcours historique d’autrui en lieu et place du sien propre.
  • Auto-négation, auto-flagellation.
  • Manque de confiance en soi.
  • Attirance et justification du mépris des autres, particulièrement du peuple que l’on imite servilement.

 

Solution

Il n’en existe qu’une et une seule : la réconciliation avec les Aïeux des Ancêtres de l’Afrique authentique ; c’est-à-dire la Reconnexion avec notre Source de Vie.

 

Cela implique :

– 1) la relecture critique de la totalité de l’enseignement servi par les religions étrangères qui tuent pour vivre ;

– 2) la plongée salutaire dans la redécouverte des enseignements des Aïeux des Ancêtres de la vraie Afrique, encore jamais égalés en Sagesse, en Humanisme.

 

Doumbi-Fakoly

 

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