Les prétentions choquantes du Mali : Le Prix Nobel de la Paix et le Secrétariat Général de l’Oif

Alors que sous les cendres encore chaudes de négociations de paix à l’aboutissement incertain, couve le feu explosif d’une reprise des hostilités entre la minorité terroriste tuareg et arabe et ce qu’il reste de nos forces armées, certains compatriotes ambitionnent, pour notre pays, le Prix Nobel de la Paix et le Secrétariat de l’Organisation Internationale de la Francophonie.

 

Les premiers, à l’évidence, vivent encore du souvenir réconfortant d’intégrationnistes et de brasseurs de peuples de nos grands empires (Ghana, Mali, Sonray) et semblent rester hermétiques aux râles, toujours audibles, de nos soldats égorgés à Haguel Hoc et ailleurs, de nos femmes et de nos filles violées, de nos voisins et de nos enfants chicotés, ou amputés de membres, sans anesthésie.

 

Avec la certitude que lui confère l’inexpérience de son jeune âge, leur chef de file affirme :

 

« Cette candidature de notre pays n’est pas une surprise … car le peuple malien sans distinction est un peuple de culture de la paix depuis la Charte de Kurukanfuka en 1235.

 

Le Mali est un exemple. Depuis 800 ans, le peuple malien donne des exemples en matière d’hospitalité, de cohabitation et de vivre ensemble. Il y a eu de multitudes crises sur notre pays qui pouvaient toutes faire disparaître la République. Malgré tout, le Mali les a gérées. Les explications sont à rechercher dans le fond social du Mali. Nous avons tenu tête face à toutes ces crises. Le Malien n’est pas animé par un l’esprit de vengeance. C’est pourquoi nous avons remporté  la transition »

 

Peut-être n’a-t-il pas suffisamment lu et réfléchi sur les critères d’attribution du Prix Nobel de la Paix définis par le chimiste Alfred Nobel lui-même, désireux de se racheter des malheurs commis par son invention, la dynamite ?:

 

«  Le prix Nobel de la paix récompense « la personnalité ou la communauté ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix ».

 

Sont sous-entendus, évidemment et de façon claire : la lutte pour la paix, les droits de l’homme, l’aide humanitaire, la liberté

 

Franchement, même les spécialistes de la science raisonnante pour lesquels les prétendants au Prix Nobel de la Paix pour le Mali, donnent l’impression de se faire passer, ni les non moins spécialistes de la science intuitive ; c’est-à-dire les lecteurs des secrets les plus cachés, sont incapables de décrire un seul secteur de la vie nationale où se niche une paix réelle, où est visible ne serait-ce qu’un semblant de lutte pour les droits de l’homme, et surtout pour la justice et la liberté.

 

L’insécurité est partout palpable, sinon perceptible, y compris, de l’aveu du chef de l’État lui-même, aux abords de sa résidence où une touriste allemande se serait fait agresser récemment.

 

Nos ministres et nos soldats sont interdits d’accès dans plusieurs localités, dont Kidal, Ménaka, Aguel Hoc, Tessalit, etc.

 

Nos compatriotes, victimes de la noirceur de leur peau, sont chassés de leurs demeures, léguées par leurs Ancêtres depuis plusieurs générations afin de rendre leur race minoritaire par rapport aux prédateurs terroristes de la minorité tuareg et arabe.

 

Obéissant au pouvoir politique, la justice s’abstient de toute poursuite réelle à l’égard des égorgeurs d’Haguel Hoc et d’ailleurs et libère des terroristes et un amputeur notoire de bras, écartant d’avance, par un silence méprisant, la colère légitime des Organisations de Défense des Droits de l’homme.

 

En revanche, à l’inverse des spécialistes raisonneurs ou intuitifs, n’importe quel élève de l’école sinistrée d’Alpha Umar Konaré et d’Amatu Tumani Turé peut affirmer, avec un argumentaire convaincant que dans sa propre famille ou dans celles de plusieurs de ses camarades de grin, c’est la règle d’un repas par jour, ce sont des difficultés quotidiennes de déplacement, c’est le manque d’argent même pour acheter un comprimé à la pharmacie par terre, c’est l’expropriation par des grands-bouboutés et des costumés-cravatés en complicité avec des agents véreux des municipalités, c’est la détermination pour plusieurs membres de son grin de quitter ce pays de désespérance par tous les moyens.

 

Il faut que les Maliens apprennent à rompre avec ce qu’un écrivain sénégalais appelle « les attitudes du singe qui imite et du perroquet qui répète »

 

Ce n’est pas parce qu’il est permis à tout le monde, ou presque, de déposer son dossier de candidature, que le Mali doit suivre pour participer au vote du mois d’octobre 2014.

 

Dans les conditions d’humiliation et de souffrances multiples et sans noms de nos compatriotes du nord et aussi du sud, dans les circonstances où la paix n’est pas encore à l’horizon des négociations, dans la situation où le temps, sans doute long, est nécessaire pour l’oubli, la décence commandait au Mali de renoncer, pour longtemps, à prétendre compétir pour le Prix Nobel de la Paix ou pour autre trophée au nom de la Paix.

 

D’autant plus que, depuis, Alpha Umar Konaré, tous les Présidents, y compris de la transition et le tout nouveau portent leur part de responsabilité dans le destin truqué que subit notre pays.

 

Les porte-drapeau de la candidature immorale de notre pays au Prix Nobel de la Paix, ne se doutent pas que la seule et unique justification qui pourrait être retenue de leur démarche inconvenante et le refus des autorités du pays d’armer nos soldats condamnés depuis deux dizaines d’années à défendre le pays avec des armes obsolètes dont la place, dans n’importe quel État responsable est dans un musée de l’armée.

 

Cette justification s’adosserait sur l’un des critères, ci-desus, posés par Alfred Nobel

 

« …à la suppression ou à la réduction des armées permanentes… »

 

La première question principale est : soutiennent-ils l’option suicidaire de nos responsables politiques dans l’incapabilisation par le dénuement volontaire de nos Forces Armées de Défense et de Sécurité ?

 

La seconde question non moins d’importance est : savent-ils que cela s’apparente à la haute trahison ?

 

Il faudra aussi qu’ils répondent à la question subsidiaire suivante : Un pays qui a fait preuve d’autant de négligences coupables mérite-il le Prix Nobel de la Paix ? 

 

En tout état de cause, il est évident que le Mali ne doit pas se sentir fier d’être primé alors qu’aucune des nombreuses blessures infligées à ses enfants, par l’irresponsabilité de nos dirigeants, n’est encore en voie de cicatrisation.

 

Le témoignage, ci-dessous, permet de savoir que le Prix Nobel de la Paix n’est pas une fin en soi et qu’il y a des valeurs infiniment plus honorables :

« En 1973, l’Académie a décidé de distinguer les signataires de l’accord de cessez-le-feu qui met fin à la guerre du Vietnam: Le Duc Tho, chef de la délégation nord-vietnamienne, et Henry Kissinger, conseiller spécial du président américain. Le Duc Tho refuse le prix, considérant que « la paix n’a pas réellement été rétablie ».

Notre pays risque d’être la risée du monde du fait de sa candidature incongrue.

Les seconds, en plus d’être également amnésiques à toutes les réalités, ci-dessus, gomment de leur mémoire, les attitudes et les comportements de leur candidat, Dioncunda Traoré, au Secrétariat de l’Organisation Internationale de la Francophonie et à la Présidence du Haut Conseil de la Francophonie, en lieu et place du sortant, l’ancien chef d’État sénégalais Abdu Diuf.

 

Heureusement, l’honneur du Mali est sauf ; Dioncunda Traoré s’étant désisté sur les bons conseils de son jeune frère, le Président de la République, Ibrahim bubacar keta.

 

Du reste, il n’avait aucune chance devant ses concurrents africains : le Mauricien Jean Claude de L’Estrac, le congolais de Brazza. Henri Lopes et le Burundais Pierre Buyoya

 

Pour une question d’éthique, sa candidature n’aurait même pas du être validée pour le vote du mois de novembre 2014.

 

En effet, pendant deux mandats successifs, le Secrétariat Général de l’Oif a été assuré par un Africain de l’ouest, en l’occurrence le sortant sénégalais.

 

Il n’était donc pas logique, encore moins équitable que le prochain vote soit remporté par un autre Africain de la région.

 

Si donc l’Afrique devrait être représentée à la tête de l’Organisation, cet honneur devrait revenir à l’un des ses trois autres prétendants qui sont de régions différentes.

 

En tout état de cause, pour sa responsabilité personnelle dans la dégradation de la situation générale du pays, pendant la transition, pour avoir surtout refusé d’armer nos soldats pour reconquérir le nord, pour s’être, de ce fait, désintéressé totalement du sort de nos compatriotes du nord dans la détresse, Dioncunda Traoré aurait du avoir la décence de s’abstenir de postuler pour ce poste.

 

Son élection aurait été une prime à la déloyauté d’un homme politique vis-à-vis de son propre peuple au profit d’intérêts d’étrangers.

 

 

Doumbi-Fakoly

Écrivain, chercheur

This article has 2 comments

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